L'Etat a donné ordre d'aider Bernard Tapie

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Si le CDR a renoncé à la procédure judiciaire, qu'il était en passe de gagner, contre Bernard Tapie, et a choisi une procédure arbitrale, qui va coûter 395 millions d'euros aux contribuables, ce n'est pas le fait d'une mauvaise estimation: l'ordre est venu du gouvernement. C'est ce qu'établit l'enquête de Mediapart: l'instruction ministérielle a été consignée noir sur blanc dans un procès-verbal de l'EPFR, l'établissement public qui chapeaute le CDR. Lire aussi le "parti pris": L'affaire Bernard Tapie: un triple scandale d'Etat.

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« Je voudrais que cesse cette campagne. Qu'on arrête d'essayer de politiser cette décision qui n'a aucune raison de l'être. M. Sarkozy n'y est pour rien, ni de près, ni de loin. » Depuis qu'il a obtenu la formidable indemnisation de 395 millions d'euros que lui a accordée le tribunal arbitral, en dédommagement de la vente d'Adidas par le Crédit lyonnais, Bernard Tapie court micros et caméras pour jurer ses grands dieux - croix de bois, croix de fer...- que la politique n'a rien à voir avec la bonne fortune dont il vient de profiter. A l'en croire, c'est tout bonnement la justice qui a fait son œuvre; la justice, impartiale comme il se doit, qui a fini par admettre son bon droit.