Le retour de Bernard Cazeneuve

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Devenu avocat, le dernier premier ministre du quinquennat de François Hollande signe un retour dans l'arène sous la forme d'un entretien accordé à L'Obs. Condamnant sans demi-mesure l'antisémitisme, critiquant la politique qualifiée « de droite » d'Emmanuel Macron tout comme l'opposition « stérile » de Jean-Luc Mélenchon, Bernard Cazeneuve se pose, sans clairement le revendiquer, en recours de la gauche pour la prochaine présidentielle.

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En retrait de la vie politique, l’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve prend la pose du sage (et d’un éventuel recours de la gauche pour la prochaine présidentielle ?) dans l’entretien qu’il accorde à L’Obs.

Là où certains représentants de la gauche et de l’extrême gauche ont été critiqués pour leur tiède dénonciation de l’agression dont a été victime Alain Finkielkraut, Bernard dénonce ce qu’il appelle « l'effarante banalisation de la violence antisémite »

Énumérant des exemples récents d’actes d’antisémitisme (les croix gammées sur les portraits de Simone Veil, « Juden » tagué sur la vitrine d'un magasin Bagelstein, « les bras lâches » qui scient des arbres plantés à la mémoire d'Ilan Halimi…), rappelant que l’antisémitisme a conduit à la Shoah, l’ancien premier ministre s’étonne de « l'effacement de la mémoire historique ».

Dans la suite de l’interview, Bernard Cazeneuve distille ici et là ses piques que l’on devine adressées à Emmanuel Macron : « Quand on est un responsable politique, il faut être courageux », « Certains comportements ou décisions récentes ont divisé les Français », « Ceux qui ont théorisé la nécessité de la rupture, de la transgression, de la disruption, du dégagisme comme la forme chimiquement pure du génie politique ne doivent pas s'étonner que ces principes prévalent aussi dans la rue au détriment du respect, du compromis et de l'apaisement nécessaire »… 

Quand L’Obs lui demande clairement s’il souhaite être candidat à la présidentielle, Bernard Cazeneuve botte en touche. Mais lorsqu’il se définit dans l’opposition parce qu’« en désaccord avec la politique menée qui place sans ambiguïté le pouvoir actuel à droite » tout en condamnant « les oppositions qui envahissent tout l'espace du vacarme de leurs outrances », notamment Jean-Luc Mélenchon qui « stérilise toute alternative crédible dans le refus de tout et une colère chaque jour entretenue », on jurerait entendre que l’ancien premier ministre considère qu’il y a là un espace et qu’il est l’homme idéal pour l’occuper.

L’intégralité de l’entretien est à lire ici.

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