Trois villes de gauche et un sentiment d'abandon

Au travers de trois villes françaises, Créteil, Givors et Martigues, nous sommes partis à la rencontre d’un électorat d’ouvriers, d’employés, de petits patrons d’industrie et de chômeurs, autrefois acquis à la gauche et qui, aujourd’hui, oscille entre l’abstention, la tentation des extrêmes et un rejet atterré de la politique.

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Créteil (Val-de-Marne), Givors (Rhône) et Martigues (Bouches-du-Rhône), envoyés spéciaux.– Cette histoire pourrait être celle d’une cheminée qui s’élève à soixante mètres dans les airs et que l’on aperçoit de partout à Givors, au centre de cette commune de la métropole lyonnaise. Elle évacuait autrefois les fumées d’une grande verrerie, propriété du groupe BSN (Danone) et l’un des principaux employeurs de la ville. Quand l’usine a fermé en 2003, les bâtiments ont été condamnés puis détruits mais la cheminée, elle, est restée debout, fière au-dessus des ruines économiques de la vallée du Gier. Aujourd’hui, les visiteurs qui passent au loin imaginent que ce conduit rend hommage au riche passé industriel de la région. Si seulement c’était vrai…