Comme un remake en pire de la mobilisation contre la loi sur le travail, la violence de la manifestation du 1er mai 2017 à Paris a marqué à la fois les manifestants de tête, séparés du cortège syndical à coups de grenades de désencerclement lancées par les policiers, et les CRS, qui ont vu deux de leurs collègues prendre feu. Les tensions entre manifestants et forces de l’ordre, qui avaient paru s'apaiser après que, le 15 septembre dernier, un syndicaliste eut été éborgné par un projectile, sont réapparues, encore plus vives. Des deux côtés, on parle d'escalade inédite, en oubliant un peu vite la violence des manifestations autonomes et de leur répression dans les années 1970.