C’est un regrettable précédent. Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, deux candidats à l’élection présidentielle (et pas des moindres) sont aux prises avec la justice. Marine Le Pen a, le 10 mars, refusé de se rendre à la convocation des juges d’instruction parisiens qui voulaient la mettre en examen dans l’affaire des salariés du FN payés par le Parlement européen, comme elle avait refusé de se rendre à la police judiciaire le 22 février. La candidate d’extrême droite a excipé de son immunité de députée européenne et invoqué la trêve électorale, alors qu’elle-même, son parti et certains de ses proches sont actuellement visés par cinq enquêtes judiciaires.