La neurochirurgie ferme la porte à une femme d’origine maghrébine et populaire

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Sabrina est née il y a 33 ans à Saint-Denis dans un milieu très populaire. Elle était le modèle à suivre dans son quartier. Après 15 années de médecine, elle se retrouve pourtant au RSA, en butte, dit-elle, à un milieu misogyne, élitiste et où règne un réel népotisme.

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Sabrina habite de nouveau chez ses parents, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Elle vit du RSA. Après 15 années d’études supérieures, cette neurochirurgienne de 33 ans, issue d’un milieu populaire, aurait pu être l’incarnation du mérite républicain, « un modèle » pour son quartier. Mais cette femme d’origine maghrébine a atterri dans un milieu machiste, élitiste, hostile, où elle ne parvient pas à se faire une place bien qu’elle ait validé tous les concours et examens nécessaires. « Mes parents ont tout sacrifié pour moi. Et après tous ces efforts, tout ce cursus, je suis devenue un cas social. J’ai la rage. Dans le 93, j’ai envie de dire aux jeunes : Allez-y ! Brûlez des voitures ! Vous avez raison. Ça ne sert à rien de faire de grandes écoles. Cette société est pourrie. »