Kazakhgate: l'avocate des oligarques perquisitionnée et interrogée à Paris

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Catherine Degoul, au cœur de l’affaire de corruption du Kazakhgate sous la présidence Sarkozy, a été perquisitionnée et interrogée par la juge d’instruction au sujet d’un nouveau versement suspect.

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Selon des informations de Mediapart et du journal belge Le Soir, la juge d'instruction Aude Buresi, qui a récemment repris l'enquête sur le Kazakhgate au pôle financier du tribunal de Paris, vient de cibler l'avocate niçoise Catherine Degoul. Mise en examen pour « complicité de corruption active d'agent public étranger » et « blanchiment » depuis septembre 2014, Me Degoul est un personnage clé de cette affaire franco-belge de pots-de-vin et de trafic d’influence, sur fond de vente d’hélicoptères Airbus au Kazakhstan en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Alors même qu’elle a déjà été perquisitionnée et auditionnée depuis le début de l’affaire, Me Degoul a reçu la visite des policiers, mardi 12 septembre à Nice. Les enquêteurs ont effectué une nouvelle perquisition de son cabinet, puis ont placé l’avocate sous mandat d'arrêt et l'ont emmenée à Paris pour y être interrogée par la juge Buresi. Elle a été libérée dans la foulée et placée sous contrôle judiciaire. Selon nos informations, la justice s'intéresserait à un versement suspect qu'aurait opéré Me Degoul, récemment découvert par les enquêteurs.

Catherine Degoul était l’avocate du « trio kazakh » d’oligarques, composé notamment de Patokh Chodiev, que l’Élysée s’est démené pour sauver d’une condamnation en Belgique en échange de la vente des hélicoptères à Astana. Me Degoul est soupçonnée d’avoir versé des commissions occultes à deux acteurs de l’opération kazakhe, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Jean-François Étienne des Rosaies et l’ancien sénateur Aymeri de Montesquiou. Catherine Degoul a aussi participé aux négociations sur le versement par Airbus de 12 millions d’euros de pots-de-vin au premier ministre kazakh pour faciliter l’obtention du contrat. Elle a enfin révélé aux policiers qu’une fois la vente des hélicos conclue, une valise contenant 5 millions d’euros en liquide, fournis par l’oligarque Patokh Chodiev, été livrée à Paris. On ignore pour l’heure l’identité des bénéficiaires de cette rétrocommission présumée.

Me Degoul ayant renoncé à bénéficier de l'assistance d'un avocat, nous ne sommes pas parvenus à la joindre.

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Mediapart et le quotidien belge Le Soir sont membres du réseau European Investigative Collaborations (EIC), qui a notamment publié l'enquête Football Leaks. À l'automne 2016, lors de ce travail d'investigation sur le football, Mediapart et Le Soir ont décidé de travailler en commun sur le Kazakhgate, affaire franco-belge qui fait l'objet d'enquêtes judiciaires dans les deux pays. Cette collaboration s'est déjà traduite par la publication de plusieurs enquêtes exclusives (lire ici et ).