La perquisition du siège de LR vise la campagne 2012 de Claude Guéant

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Le siège de LR (ex-UMP) a été perquisitionné lundi 21 mars, dans le cadre d’une enquête visant la campagne malheureuse que Claude Guéant avait menée à Boulogne (Hauts-de-Seine), pour les législatives de 2012.

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Une perquisition menée par la brigade financière au siège de LR (ex-UMP), rue de Vaugirard (Paris XVe). Il n’en fallait pas plus pour que le fantôme du scandale Bygmalion resurgisse, ce lundi 21 mars au matin. Pour éviter toute confusion, un cadre du parti a rapidement indiqué à l’AFP que cette perquisition était « en rapport avec les législatives de 2012 » et qu’il s’agissait d’une simple « affaire entre candidats ». Oui, mais pas n’importe lesquels.

Selon nos informations, confirmées par plusieurs responsables en interne, la visite des enquêteurs concerne l’ancien ministre de l’intérieur Claude Guéant, candidat malheureux aux législatives de 2012, dans la 9e circonscription des Hauts-de-Seine, face au dissident Thierry Solère, devenu le “M. Primaire” de LR. Elle inquiète surtout Pierre-Christophe Baguet, le maire LR de Boulogne-Billancourt, commune la plus peuplée de la région francilienne, après Paris.

Pierre-Christophe Baguet, André Santini et Claude Guéant, en avril 2012. © philippedermagne.com Pierre-Christophe Baguet, André Santini et Claude Guéant, en avril 2012. © philippedermagne.com

L’histoire remonte à janvier 2012. À l’époque, Pierre-Christophe Baguet renonce à se porter candidat à sa réélection à l’Assemblée nationale. Dans un courrier adressé à ses administrés et payé, il l’assure, sur « ses deniers personnels », il explique pourquoi il soutient la candidature du parachuté Claude Guéant. Mais selon des documents transmis à la justice et révélés par Le Parisien début 2014, l’impression de cette lettre – réalisée par une entreprise d’Issy-les-Moulineaux pour un coût total de 30 000 euros – aurait été acquittée à hauteur de 20 000 euros par la municipalité, l’UMP ayant pris en charge les 10 000 euros restants.

Le procureur de la République de Nanterre ouvre alors une enquête préliminaire et saisit la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE).

Joint à ce moment-là par le JDD.fr, Me Mario-Pierre Stasi, l’avocat de la ville de Boulogne-Billancourt, évoque « des accusations mensongères, proférées dans un climat politique nauséeux » et assure que « la facture a été adressée à l'UMP des Hauts-de-Seine, qui a transmis à l'UMP nationale ». Pierre-Christophe Baguet publie même un tract, copie de la fameuse facture à l'appui, pour prouver cette version des faits.

Lorsque Mediapart contacte Roger Karoutchi, le secrétaire départemental de LR dans les Hauts-de-Seine, ce dernier nous assure : « Le trésorier départemental a confirmé que nous n’avons jamais reçu cette facture. Si elle était passée entre nos mains, même pour être transmise à l’UMP nationale, nous en aurions conservé une trace. » C’est cette fameuse facture que les enquêteurs sont venus chercher rue de Vaugirard, lundi 21 mars. « Ils cherchaient des pièces comptables », confirme un cadre du parti. Reste à savoir s’ils les ont trouvées.

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