La police au quotidien: notre dossier Reportage

A Saint-Astier, comment s'entraînent les gendarmes mobiles après Sivens

Centre d'entraînement de la gendarmerie, Saint-Astier, en Dordogne, est aussi le meilleur argument de vente des gendarmes mobiles, dont l'action a été fortement remise en cause après la mort de Rémi Fraisse. Reportage.

Louise Fessard

21 juillet 2015 à 18h01

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« Dans le métier de militaire, malheur aux gens tièdes, qu’ils rentrent au sein de leur famille. » Peu après l’entrée du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (Cnefg) à Saint-Astier (Dordogne), la citation géante du prince de Ligne donne le ton.

A Saint-Astier, les escadrons en stage disposent désormais d'un véritable village avec des logements, un foyer, une aumônerie. © LF

Saint-Astier, 136 hectares au milieu des collines vertes du Périgord, est le terrain de jeu favori de la gendarmerie mobile. Tous les deux ans et demi au maximum, ses 108 escadrons et quelque 12 000 gendarmes viennent s’y « recycler » dans un décor de barricades et de béton. Ces stages sont « un moment fort pour l’unité, explique un gendarme mobile de 35 ans, venu de Drancy. On voit la cohésion, les failles et ça permet à nos chefs de se mettre à jour par rapport aux différentes postures de l’adversaire ». Chaque élève gendarme en formation initiale y passe également pour s’initier aux joies du maintien de l’ordre. Le centre a été créé sur un ancien terrain de l’armée de l’air, onze mois après Mai-68. À l’époque, les gendarmes assaillaient les barricades en tenue de cérémonie, sans bouclier ni vêtements ignifugés. Dans le hall, une photo noir et blanc du premier stage, organisé en juin 1969, les montre dotés de seuls fusils-mitrailleurs, servant à la fois de protection et de bâton.

Le colonel Casaubieilh dirige le centre depuis 2013. © LF

Le centre est aussi la vitrine du « savoir-faire » de la gendarmerie et son meilleur argument de vente. Chaque année, y défilent préfets, parlementaires, magistrats, journalistes et des centaines de stagiaires étrangers venus voir des « moblos » en action au milieu des lacrymos et cocktails Molotov. À leur intention, le Cnef a même installé un mini-musée montrant l’évolution de l’équipement depuis la création des gardes mobiles en 1921 jusqu'aux Robocops d’aujourd’hui. L’institution semble avoir été à peine ébranlée par la mort, en octobre 2014, de Rémi Fraisse, ce jeune manifestant tué par une grenade offensive à Sivens (Tarn). C’est d’ailleurs un peu la raison de l’acceptation de ma visite : montrer que la gendarmerie n’a rien à cacher. Le colonel Pierre Casaubieilh, qui commande le centre depuis 2013, évoque une « tragédie », puis recadre : « Quand il y a violence des forces de l’ordre, elle n’est qu’accidentelle et pas le fait d’une formation, ni d’une doctrine. D’ailleurs, je préfère parler d’emploi de la force qui est légale, mesurée et réfléchie, tandis que la violence est sauvage. » 

Lors des exercices, seul le groupe de commandement et le peloton d'intervention sont évalués. © LF

En avril dernier, plusieurs membres de la commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre ont passé deux jours à Saint-Astier. Exercice de nuit, buffet campagnard et série de « briefs » : les gendarmes ont sorti le grand jeu. Pour démontrer l’utilité des armes intermédiaires, ils ont mimé une intervention actuelle sur des violences conjugales, Taser et Flash-Ball à l'appui. Puis rejoué la même scène, armés de leurs seuls pistolet et poings. Les parlementaires, conquis, ont salué dans leur rapport la « qualité, le réalisme et l’exigence des entraînements ». Le chercheur Fabien Jobard y rappelle que « pour beaucoup de chercheurs, le maintien de l’ordre est un métier de type militaire et non policier » puisqu’il « repose non sur des individus mais sur des unités constituées organisées selon un mode militaire, où prévaut le principe de la discipline ». Même le député EELV Noël Mamère, président de la commission, a été convaincu, louant leur « culture plutôt républicaine ».

La seule conséquence notable de la mort de Rémi Fraisse pour les gendarmes mobiles, outre quelques articles déplaisants et une information judiciaire toujours en cours, a donc été l'interdiction par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve de la grenade OF F1, qu’eux seuls utilisaient. « Il est trop tôt pour dire quelles sont les conséquences de la suppression de la grenade offensive, cela pourra poser des difficultés en outre-mer », indique le colonel Casaubieilh. Le centre expérimente déjà, avec le service d’achat du ministère de l’intérieur, de nouvelles grenades déflagrantes, « à utiliser au moment où les gaz lacrymo n’ont plus d’effet ». Celles-ci ont « un effet sonore et un effet de souffle », mais le montage pyrotechnique présenterait « moins de risque ». Comme les CRS, les gendarmes mobiles disposent toujours d'une autre grenade explosive, la GLI F4, un peu moins puissante.

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Les chiffres du rapport sur l’emploi des munitions en maintien de l’ordre, rédigé après la mort de Rémi Fraisse, sont clairs : les gendarmes mobiles lancent beaucoup plus de grenades que leurs collègues CRS. Selon le colonel Casaubieilh, cela ne tiendrait pas à une différence de comportement mais plutôt aux «théâtres d'engagement» des gendarmes plus difficiles : « ruraux, Corse et outre-mer ». Question de rapport de force, mais aussi de choix politique. «Au maintien de l'ordre, chaque gendarme est considéré comme un délégataire de la puissance publique, dit le colonel. Un mauvais geste peut valoir le mercredi suivant des questions au gouvernement. Donc nous avons le soucis de ne pas prendre un marteau pour écraser une mouche et que la réponse de la force publique ne compromette pas les rapports sociaux. À Paris, on n’utilise quasiment aucune grenade, car la configuration et la volonté politique ne s’y prêtent pas. Il y a des points d’appui naturels entre deux immeubles et des effectifs suffisamment importants pour s'en passer. » En juillet 2014, une grenade GLI F4 a été tirée dans la capitale par des gendarmes mobiles devant la synagogue de la rue des Tournelles, près de la place des Vosges. Un fait assez « rarissime » pour avoir été noté dans les annales du Cnef, à qui remontent tous les rapports de maintien de l’ordre où la force a été engagée.

Ici, on est chez les férus de la gestion de foule, capables comme le colonel Francis Mézière de revisiter toute l'histoire de France en terme de maintien de l'ordre. «Les révolutions sont souvent des maintiens de l'ordre ratés», lâche avec un petit sourire ce colonel, chargé de la division maintien de l'ordre, en citant l'exemple de la Bastille en 1789. «Etait-ce bien utile de défendre ce bâtiment qui contenait sept prisonniers ? Son gouverneur de Launay en a eu la tête découpée au canif...»

Les décors de parpaing du centre. © LF

Depuis octobre 2014, les gendarmes mobiles testent également quatre drones (allant de 2 000 à 400 000 euros). « Les nanodrones, plus furtifs et moins coûteux que des hélicoptères, offrent une profondeur de renseignement qui permet d’anticiper les intentions des manifestants, apprécie le colonel Mézières. C'est intéressant même hors maintien de l'ordre pour des interventions domiciliaires, mais il reste à étudier le cadre juridique. »

Un exercice type ZAD

Un gendarme mobile, de retour de Bangui, arbore un petite drapeau de la RCA. © LF

À l’origine simple champ de manœuvre, Saint-Astier s’est progressivement doté d’un village de parpaings, avec son Crédit agricole, sa poste et son sushi bar, puis en 2004, face à la montée des « violences urbaines », de petits immeubles. En 2012, un exercice type Notre-Dame-des-Landes a été introduit « pour renouer avec un savoir-faire rural un peu perdu de vue ». Il se déroule dans les nombreuses zones boisées du centre. Au programme : techniques à mettre en œuvre face à des accrobranches, des sit-in, et désentravement de cordages. « Sur les terrains ruraux, les manœuvres sont plus difficiles que sur un maintien de l'ordre haussmannien, remarque le colonel Francis Mézière, qui commande la division maintien de l'ordre. Nous ne pouvons pas utiliser les lanceurs Cougar et l’adversaire a une capacité de mouvement plus importante, car le terrain n’est pas cloisonné. »

Presque tous les escadrons de gendarmes mobiles sont passés par la Zad de Notre-Dame-Des-Landes. © LF

À Saint-Astier, il n’est pas question de manifestant mais d’« adversaire ». Une différence d’approche notable avec celle des CRS. « Les gendarmes sont des militaires qui raisonnent en termes de conquête de terrain, alors que pour nous, une manifestation réussie c’est d’abord une coproduction », souligne un responsable policier parisien, spécialiste du maintien de l’ordre. Pendant deux semaines, les escadrons testés enchaînent les exercices « à haute intensité », plus proches de l’émeute que du cortège traditionnel du 1er Mai. Les instructeurs appellent cette méthode militaire d’apprentissage par la répétition le drill, selon le terme allemand qui désigne une méthode prussienne de dressage intensif et mécanique des recrues. « Tous les pelotons doivent être interopérables et immédiatement opérationnels, dit le colonel Casaubieilh. Un peloton de Calais sera capable de travailler avec des pelotons de Bayonne. »

Anouck Mamier, 21 ans, fait partie des premières femmes à avoir rejoint en 2015 la gendarmerie mobile comme sous-officier. © LF

Ce mercredi 13 mai 2015, un exercice « type outre-mer » vient de débuter : un escadron mobile venu de Drancy doit dégager plusieurs axes entravés par des « manifestants non hostiles ». Une casse voisine fournit les épaves sur lesquelles sont perchés des gendarmes « plastrons », grimés en opposants. Aux premières sommations, ils ne bougent pas d’un pouce : « Hou ! On n’entend rien ! » ; « On va essayer les vagues de refoulement, phosphore un officier. On va faire un mouvement sioux : toi tu mets toute ta colonne India à gauche, nous on va gentiment à droite. » Le temps des instructions, un gendarme mobile vient signaler au groupe de commandement que les manifestants en ont profité pour prendre la poudre d’escampette. « Ils sont partis ? — Oui, en courant. — Il fallait me le dire ! Allez, on réembarque rapidement. »

Fini, les barrages statiques. Pour s’adapter à l’« adversaire périurbain », les gendarmes sont passés depuis une quinzaine d’années à de petits groupes plus mobiles. Chaque escadron est composé de quatre pelotons d’une quinzaine de gendarmes, dont un peloton d'intervention, généralement le mieux entraîné. Les pelotons sont eux-mêmes scindés en deux groupes avec chacun son véhicule. Sans compter le groupe de commandement, qui dispose de son propre fourgon. « Pour un manifestant, c’est plus facile de toucher un barrage, explique l'officier Christophe Galtier, instructeur au Cnefg. Donc en milieu rural, je casse et je reste en modularité, sinon c’est du pain béni pour les manifestants. » Sur une vraie opération de maintien de l'ordre, chaque escadron dispose environ de 1 000 grenades (dont 750 lacrymos et 200 grenades explosives GLI F4). 

À la barricade suivante, le ton est monté. Assis sur des pneus, des émeutiers casqués attendent leurs collègues, bâton et pavés en mousse à la main. « Les journalistes avec la police, vendus ! » lance avec humour l’un d’eux en me voyant arriver, flanquée de deux colonels et de l’officier presse du service de communication de la gendarmerie. «Dans notre code, un manifestant casqué est un manifestant violent», explique le colonel Mézières. Les « moblos » sont habitués à assurer le show. « Pouvez-vous cocktailiser ? » demande obligeamment le colonel à une équipe qui, extincteurs à portée de main, balance des bouteilles incendiaires devant la barricade. Flammes, fumée noire, effet garanti. Les haut-parleurs crachent une bande sono d’émeute visant à déstabiliser le commandement.

Sweats du kop de Boulogne ou de Guinguamps de rigueur pour les «plastrons» qui jouent les manifestants. © LF

Plusieurs pelotons reviennent de missions de sécurisation à Bagdad (Irak) ou Bangui (République centrafricaine), où ils ont patrouillé aux côtés de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique (Minusca). En octobre 2014, lors de la visite du ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, un micro du Petit Journal avait surpris des gendarmes jouant les émeutiers en train de scander « 1, 2, 3 Viva l'Algérie ! ». Dans la tour d’où ils observaient l’exercice, le ministre, le chef de corps et les autres journalistes ne les avaient pas entendus. « J’ai d’abord pensé que c’était un montage, dit le colonel Casaubieilh. Mais en fait, il s’agissait d’un escadron de Sathonay (Rhône-Alpes) qui avait été engagé sur du maintien de l’ordre dans des stades de foot à Vaulx-en-Velin et au stade de France et confronté aux Fennecs (supporters algériens) qui scandaient ces slogans. » « Ils n’ont fait que reproduire ce qu’ils ont entendu », assure le chef de corps.

Pas de hausse de la violence

Débriefing, le 13 mai 2015 © LF

Après chaque phase d’action, les chefs de peloton et de groupe ont droit à un débriefing. Les principes de base sont répétés : mise à distance, usage de la force uniquement en cas d’absolue nécessité et avec proportionnalité. Cet après-midi-là, il n’y a pas eu « beaucoup de contacts physiques avec l’adversaire », un bon point, mais les gendarmes mobiles ont débarqué casqués face à des manifestants a priori « non hostiles ». Et les premiers tirs de grenades lacrymo étaient trop courts.

« L’image que vous donnez est importante, vous allez influencer leur réaction : c’est l’adversaire qui donne le tempo, pas vous », les sermonne le chef d’escadron Christophe Galtière. Pas question pour autant de laisser à l’adversaire « le temps de s'organiser ». L’instructeur évoque Gustave Le Bon et son ouvrage de 1895 sur la psychologie des foules. « Si vous leur laissez le temps de se réarticuler, les leaders prennent l’ascendant. Donc les temps faibles doivent être courts pour une fluidité de la manœuvre. »

Les blindés, surtout utilisés en Outre-Mer, servent à dégager les véhicules. © LF

Les blindés sont de sortie. Ceux de la gendarmerie mobile sont bleus et sans chenilles, « pour les distinguer des blindés de combat ». Ils ne sont utilisés que 4 à 8 fois par an, toujours en outre-mer, comme « protection balistique ». « L’adversaire en outre-mer est armé avec des fusils, signale Christophe Galtière à ses troupes. En Nouvelle-Calédonie, à plusieurs reprises les gendarmes se sont fait tirer dessus. Et sur NDDL [Notre-Dame des Landes – ndlr] et Sivens, on avait des gens qui avaient des fusées, des cocktails Molotov et des bouteilles d’acide. »

Malgré ce discours alarmiste relayé par le rapport de la commission d’enquête parlementaire, le colonel Casaubieilh ne constate pas de « tendance haussière allant vers plus de violence des manifestants ». « 2013 et 2014 ont été des années très dures avec un nombre de blessés importants, alors que nous n’avons jamais été si bien protégés, dit-il. On peut être tenté de dire qu’il y a plus de violence, mais par rapport à quelle période ? Il y a eu des maintiens de l’ordre très durs par le passé, lors des émeutes du 6 février 1934 ou dans le pays nantais dans les années 1950. Je parlerais plutôt de cycles. » Depuis mai 1968, les gendarmes mobiles décomptent cinq militaires morts au maintien de l’ordre, «donc quatre par balle et un chef agressé par des hooligans allemands».

La OF F1, histoire d'un anachronisme meurtrier

D'où vient la grenade offensive OF F1, responsable de la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre 2014 ? À bien des égards, cette grenade militaire, interdite en novembre dernier par Bernard Cazeneuve, est un anachronisme. Comme l'a souligné le rapport des inspections générales de la police et de la gendarmerie de novembre 2014, la France reste « la seule nation d'Europe à utiliser des munitions explosives en opération de maintien de l'ordre ».

Grenade OF F1 d'exercice © LF

Le colonel Mézière, qui dirige la division maintien de l’ordre de Saint-Astier, est incollable sur l'histoire de la OF F1. Son ancêtre militaire, la OF 37, remonte à la Grande Guerre (voir cette photo du musée de l'Infanterie). « La OF 37 a été utilisée par la Garde républicaine pour la première fois en 1947, au moment du conflit houiller, tout comme les grenades lacrymogènes », explique-t-il. Au lendemain des traumatismes des tranchées, c'était surtout l'utilisation du gaz lacrymogène qui faisait débat au sein de la société française. « Utiliser des gaz n’était pas politiquement opportun face à des cortèges comportant des anciens combattants », dit le gendarme.

Les grenades OF 37 furent également lancées au moment des « événements » de Mai-68. Puis ce fut la tragédie de Creys-Malville (Isère) en 1977 (lire notre enquête). En quelques heures, ce 31 juillet 1977, 444 grenades offensives visèrent les militants écologistes opposés à la construction de la centrale nucléaire Superphénix. Bilan : un mort, le jeune professeur de physique pacifiste Vital Michalon, retrouvé face contre terre, les poumons soufflés par une explosion. Et trois amputations, dont celle d’un maréchal des logis qui avait tardé à lancer sa OF 37. Dans un rapport d’expertise consécutif au drame de Creys-Malville, on apprend aussi que « des millions de grenades OF 1937 ont été consommées durant les guerres 1939-1945, d’Indochine, d’Algérie, du Tchad, Mauritanie, Liban ». Des élus socialistes réclamèrent alors, en vain, le retrait de cette munition militaire.

Au début des années 2000, la gendarmerie mobile passe à la OF F1 : même charge explosive, mais « avec une enveloppe plastique souple pour éviter les éclats », explique le colonel Mézière. Les gendarmes justifient l’usage de ces grenades explosives par « l’obsession du maintien à distance de l’adversaire pour éviter le contact physique et les violences ». Le colonel Mézière pointe une photo de corps-à-corps à Kiev (Ukraine), en janvier 2014 : « C’est justement ce que nous voulons éviter. S’il y a un contact physique, ce sont des boucliers arrachés, des armes saisies, des agents jetés au sol et lynchés. Cela met le chef du dispositif sous pression, on enferme le manifestant sans porte de sortie, et il n’y a plus de négociation possible. » 

© Yannick Sanchez

Ces dernières années, la grenade OF F1 a été utilisée à Mayotte lors des grèves de 2011 « contre la vie chère », puis en 2012, à l’occasion des manifestations contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et enfin à Sivens dans le Tarn, où 43 grenades offensives ont été lancées dans la seule nuit du 25 au 26 octobre 2014. Julien, un gendarme mobile de 35 ans, l’a vue utilisée seulement à deux ou trois occasions en huit ans de carrière : « En outre-mer, dans des confrontations où des manifestants envoyaient des bombes agricoles et à Bastia, en 2005, l’année où ils ont brûlé l’Assemblée territoriale de Corse. » Comme ses collègues, malgré le précédent de Creys-Malville, il est persuadé qu’à Sivens «personne n’aurait pu envisager cette issue même celui qui a lancé la grenade». Aujourd'hui, la grenade OF F1 a été retirée mais CRS et gendarmes mobiles sont toujours dotés de la GLI F4, une autre grenade explosive, moins puissante mais elle aussi dangereuse (lire Pascal Vaillant, handicapé à vie par une grenade de CRS).

Louise Fessard


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