Pédophilie: l’ancien évêque d’Orléans condamné pour non-dénonciation

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L’ex-évêque d’Orléans André Fort a été condamné jeudi à huit mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les agissements d’un prêtre pédophile, Pierre de Coye de Castelet, condamné pour sa part à deux ans de prison ferme.

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L’ancien prêtre Pierre de Coye de Castelet a été jugé coupable d’atteintes sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans et condamné à trois ans de prison, dont deux ferme, jeudi 22 novembre au tribunal correctionnel d’Orléans. Son supérieur hiérarchique de l’époque, l’ancien évêque André Fort, a été reconnu coupable de n’avoir pas dénoncé ces faits dont il avait été informé par une victime, et a été condamné à huit mois de prison avec sursis.

Aucun mandat de dépôt n’a été prononcé à l’encontre de Pierre de Castelet, qui échappe ainsi à une incarcération immédiate et pourra voir la partie ferme de sa peine aménagée. L’ancien prêtre, aujourd’hui à la retraite, a par ailleurs été condamné à une obligation de soins et il lui est interdit d’exercer la fonction de prêtre. De Castelet et Fort sont par ailleurs condamnés solidairement à verser 15 000 euros à chaque partie civile.

À l'audience, fin octobre, le procureur de la République d'Orléans, Nicolas Bessone, avait demandé au tribunal de condamner André Fort à un an de prison ferme avec mandat d'arrêt, et Pierre de Castelet à trois ans de prison dont six mois avec sursis.

Nous republions ci-dessous notre article du 28 juin dernier annonçant leur renvoi en correctionnelle.

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Survenant 25 ans après les faits, et 7 ans après qu'ils ont été dénoncés à la justice, la décision peine à contenter entièrement les plaignants. Le prêtre Pierre de Coye de Castelet, 69 ans, vient d'être renvoyé devant le tribunal correctionnel pour atteintes sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité, et l'ancien évêque d'Orléans (Loiret) André Fort pour non-dénonciation de l'un de ces délits dont il avait été saisi, selon des informations obtenues par Mediapart.

L'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel (18 pages) a été signée le 26 juin par le juge d'instruction Laurent Sousa, du tribunal d'Orléans, conformément aux réquisitions du parquet. Le procès pourrait avoir lieu dans les mois qui viennent.

Mis en examen depuis novembre 2012, Pierre de Coye de Castelet est soupçonné d’avoir commis des attouchements sexuels sur une dizaine de garçons de 11 à 13 ans, en juillet 1993, pendant un camp de vacances du Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ) organisé à Arthez-d’Asson (Pyrénées-Atlantiques). Alertée sur le fait qu’il cherchait à s’isoler avec les jeunes garçons et qu’il touchait « les zizis », une animatrice du centre de vacances l’avait surpris dans sa chambre en train d’examiner de près un garçon allongé et uniquement vêtu d’un slip.

Pierre de Castelet (à droite). © DR Pierre de Castelet (à droite). © DR
Pierre de Castelet faisait alors fonction de directeur et aumônier du camp, mais se faisait aussi passer pour médecin et s’était déclaré infirmier du camp, sans être ni l’un ni l’autre. Après une inspection express de l’aumônier national du MEJ, il a seulement été exfiltré du camp de vacances… et aiguillé vers un autre camp d’adolescents à peine plus âgés.

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Au cours de sa garde à vue, puis devant le juge d’instruction, Pierre de Castelet a reconnu les faits. « Je les faisais venir pour un motif médical, pour des visites médicales. Ils venaient dans mon bureau. Il y avait un meuble, une table, un lit, un coffre, un bureau, un portemanteau. C'était toujours dans la même pièce. Ils arrivaient en short, en pull. Je les faisais se dévêtir le haut, ils étaient en short. J’avais un dialogue avec eux sur leur santé, leur nourriture, comment se passait le camp. Au cours de ce dialogue, j’avais un contact avec leur corps, et parfois, je leur baissais le short ou leur pantalon et je touchais leurs organes génitaux. Ils étaient allongés sur le dos, je ne me souviens pas avoir touché les fesses. »

Il s’agissait « d’un temps d’intimité, de douceur, un temps émotif », explique le prêtre. « Je savais que c’était mal. Mais ce que je ne savais pas, c’est que ça faisait du mal à l’enfant. Je pensais que ce temps-là était bien ressenti par l’enfant. »

Plusieurs témoins ont confirmé aux gendarmes d’Orléans avoir subi ce traitement, mais ne pas vouloir porter plainte. Les trois personnes qui se sont constituées partie civile contre le prêtre, elles, ont décrit les troubles psychologiques et les épisodes de dépression qui ont suivi ces agressions sexuelles. Ces trois hommes ont fini par saisir l’évêque Jacques Blaquart en apprenant que la hiérarchie catholique, alertée par plusieurs familles et le MEJ après le camp de 1993, n’avait rien fait pendant toutes ces années, et que Pierre de Castelet était encore au contact de jeunes, contrairement aux promesses de l’époque.

Bien qu’il ait été animateur et directeur adjoint dans d’autres camps, le prêtre a assuré au juge qu’il n’avait jamais commis d’autres faits similaires, ni avant ni après. « Je suis absolument sûr qu’il n’y a pas eu d’autres victimes. Après ce camp, je me suis tenu à distance », a-t-il déclaré. Pourtant, en 2011, les plaignants ont retrouvé sa trace comme aumônier d’une patrouille de Scouts d’Europe et comme membre d’une commission d’experts sur les problèmes de pédophilie au diocèse d’Orléans.

Dans le Loiret, trois évêques successifs (René Picandet, Gérard Daucourt et André Fort) ont étouffé les scandales de prêtres pédophiles sur la période 1993-2010. La nomination de Jacques Blaquart a changé la donne, le nouvel évêque ayant pris la mesure du problème posé par les prêtres pédophiles et signalant les faits répréhensibles dont il a connaissance à la justice.

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