Sarkozy prépare la phase 2 de l'ouverture

Entre vaudeville et mercato, l'ouverture qui vient est précédée par la rumeur et les bruits de couloir répandus à dessein, pour déstabiliser une opposition encore éparpillée. Quel homme (ou quelle femme) de gauche dans le prochain gouvernement Fillon? Quel poste pour Claude Allègre? Quelle promesse à Jack Lang? Qui au ministère de la culture? Et la justice, à qui la justice? Quel membre du PS est aujourd'hui sarko-compatible? Quel est le nom du prochain «traître»? Les questions sont cruelles. Les réponses risquent d'être douloureuses. Car après la victoire annoncée de l'UMP aux élections européennes et compte tenu de la popularité décroissante du président de la République, la majorité est presque contrainte de recruter chez l'adversaire afin de le miner davantage et de faire croire qu'elle possède, seule, la légitimité démocratique. Les élections présidentielles approchent. 2012, c'est déjà demain. Décryptage du plan «Ouverture 2009» en quatre mouvements.

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Au théâtre, on appelle ça du Feydeau. Il y a des portes qui s'ouvrent, qui se ferment, qui claquent. Il y a des maris trompés, des épouses infidèles et des amants dans le placard. En football, on parle de mercato: des joueurs qui changent de clubs comme de voitures, avant la fin de leur contrat, sans états d'âme, jamais par amour, toujours pour de mauvaises raisons. Dans les romans d'espionnage, on emploie le mot retournement, cette sombre manœuvre qui consiste à faire changer de camp un agent des services adverses avec armes, bagages et secrets. C'est rarement une affaire de convictions. En politique, on pratique l'ouverture.