Fillon ou la revanche de la France des clochers

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La France de François Fillon – au-delà de son thatchérisme économique revendiqué – est peut-être avant tout une France qui exalte le terroir. Une France patriarcale, catholique, nourrie d’imaginaire rural et qui ne veut pas voir son beau « roman national » abîmé par la repentance ou par la présence musulmane. 

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« Cérans-Foulletourte », « Pauzé », « Notre-Dame-du-Pé »… En réunion publique ou dans son livre Faire (Albin Michel) – vendu à près de 100 000 exemplaires –, François Fillon ne manque jamais de rappeler qu’il vient du terroir, égrenant avec un plaisir manifeste ces noms de communes pittoresques. Hommage à la France qu’il aime, cette France des clochers, des « paysans de l’Ouest », comme il se plaît à dire. Un pays à l’écart des turpitudes des grandes villes, loin du microcosme parisien qui se gaussait d'ailleurs, il y a peu, de sa candidature. Une France révulsée par les années bling-bling de Sarkozy, profondément conservatrice, n’aimant ni la bureaucratie, ni l’assistanat. Une France catholique, patriarcale, qui a détesté l’ouverture du mariage aux homosexuels et voit toujours l’islam comme une menace exogène. Au-delà de ses propositions économiques ultralibérales, Fillon a su se faire le chantre de cette France qui en a assez que l’on abîme son « roman national » et pense avoir encore quelque chose d’unique à dire au monde. Une France de droite qui a pris dimanche 20 novembre sa revanche sur « le diktat des sondages et de l’establishment », expliquait-il.