Dans les quartiers populaires, le «tout sécuritaire» contamine jusqu’au mobilier urbain

Par Yunnes Abzouz (Bondy Blog)

Censés améliorer la qualité de vie, les programmes de rénovation urbaine se soldent souvent par la disparition du mobilier accueillant (bancs, places, kiosques…), remplacé par des grilles et des clôtures. Certains architectes et urbanistes réclament, sur ces enjeux sécuritaires, une meilleure formation.

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Il est 16 heures dans la cité Michelet, l’heure de la sortie des écoles. Les parents se pressent dans la rue Colette-Magny, dont l’étroitesse est renforcée par les rangées ordonnées de réverbères et d’arbres qui segmentent l’espace. Léto et Liam, la vingtaine, profitent des derniers rayons de soleil que le mois de septembre a à leur offrir. Munis d’une chaise pliante, attachée par des antivols au grillage d’enceinte d’un bâtiment, ils tentent d’alpaguer ceux, parmi les passants, qu’ils connaissent. Des passants, il n’y a plus que cela dans cette rue piétonne sortie de terre tout récemment, à l’occasion de la rénovation de la cité, achevée en 2016.