François Pérol triple son salaire

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Pour faire taire les controverses que sa nomination avait suscitées et apporter la preuve qu'il acceptait cette mission de manière désintéressée, le patron de BPCE, François Pérol, a perçu en 2009 une rémunération brute annuelle de 550.000 euros pour la part fixe mais a renoncé à la part variable. Pour 2010, le conseil de surveillance de la banque a décidé mercredi que sa rémunération (parts fixe et variable) pourrait atteindre au maximum 1.650.000 euros, selon des informations obtenues par Mediapart. Les contribuables qui ont renfloué la banque risquent de ne guère apprécier.
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Le conseil de surveillance de la banque BPCE, qui s'est tenu 24 février 2010, a décidé pour 2010 de tripler la rémunération annuelle de son président, François Pérol, et de lui attribuer de surcroît une indemnité de 60.000 euros pour frais de réception et de représentation, selon des informations confidentielles obtenues par Mediapart. Compte tenu de la crise gravissime qu'ont traversée les Banques populaires et les Caisses d'épargne, à l'origine de la fusion des deux banques, puis des aides que l'Etat a apportées aux deux établissements, et enfin des conditions tourmentées de l'arrivée de François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, à la présidence de la banque fusionnée, cette hausse formidable risque de relancer de très vives polémiques (retrouver tous nos articles sous l'onglet Prolonger).

Lors de son arrivée à la tête des deux banques, François Pérol avait d'abord joué la carte du dévouement. Très critiqué par des syndicats qui contestaient les conditions de sa nomination et qui ont ensuite porté plainte pour prise illégale d'intérêt, au cœur d'une formidable polémique à la suite de son refus de saisir la Commission de déontologie, il avait riposté à ses détracteurs en faisant valoir que seul son souci de l'intérêt général l'avait conduit à accepter la proposition du chef de l'Etat d'aller, en service commandé, prendre les commandes des deux banques, pour les sauver d'une crise financière menaçant de les engloutir.

Lors d'une audition très tourmentée devant la Commission des finances de l'Assemblée nationale, le 25 mars (que l'on peut consulter ci-dessous), il avait ainsi cherché à faire taire la vague de critiques des députés en soulignant qu'il aurait un salaire modeste – toutes proportions gardées – par rapport aux autres banquiers de la place. Une manière d'assurer que sa démarche était purement désintéressée. Interrogé sur son salaire, il avait ainsi répondu: «J'ai demandé que ma rémunération soit égale à celle de mon prédécesseur, soit 550.000 euros bruts annuels, et partagée entre les deux groupes. J'ai demandé aussi qu'elle ne comporte pas de part variable au titre de l'année 2009.»

 

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J'ai obtenu ces informations vendredi 26 février en début d'après-midi. Je n'ai eu aucune peine à en obtenir confirmation auprès de plusieurs membres du conseil de surveillance. Au même moment, dans le courant de l'après-midi, j'ai joint l'attaché de presse de BPCE, Yves Messarovitch, pour avoir un éclairage de la direction du groupe. A l'heure de la mise en ligne, vers 19h, ce dernier ne m'avait pas rappelé.