De Créteil à Martigues, il faut «faire redescendre le pouvoir vers les citoyens»

Fin de parcours auprès d’un électorat de gauche désabusé. L’accumulation des pouvoirs, le clientélisme et la corruption de quelques-uns déconsidèrent l’ensemble de élus, quand les citoyens, eux, doivent se débattre avec des pouvoirs publics de plus en plus distants.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

De nos envoyés spéciaux à Créteil, Givors et Martigues.-  Dans son petit bureau sombre du Centre social de Créteil, au cœur du quartier du Mont-Mesly, Myriam reçoit tous les mercredis les personnes qui ont besoin de son assistance. Myriam, la cinquantaine, est écrivaine publique. Autrefois, cette fonction pouvait inclure la rédaction de mémoires ou de lettres d’amour. Aujourd’hui, il s’agit d’aider les gens de ce quartier pauvre de la banlieue parisienne dans leurs démarches administratives. « Ces démarches sont de plus en plus compliquées. Aucune ne se ressemble. Les personnes que je reçois sont dépassées, et j’ai moi-même parfois du mal, soupire Myriam. L’administration nous promet la simplification, mais j’attends toujours un imprimé commun. C’est bien beau d’initier les gens à l’informatique, mais beaucoup n’ont pas Internet chez eux et cela reste complexe pour la plupart d’entre eux. C’est une énorme barrière à l’intégration et au sentiment d’appartenance à la société. »