Des hôpitaux toujours aveugles au risque de l'amiante

Par Elsa Sabado

Alors que le parquet de Paris vient de demander la fin des investigations pénales concernant des dossiers emblématiques du scandale de l'amiante, Mediapart explore la situation d'hôpitaux qui ne veulent toujours pas voir les risques. Exemple à Toulouse, où la direction attaque en justice les syndicats qui demandent une expertise, et à Poitiers, où les documents présentés aux élus sont falsifiés pour minimiser la présence d'amiante dans l'air.

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Vingt ans. Cela fait vingt ans que l'usage de l'amiante a été totalement interdit en France, sous quelque forme que ce soit. Dans la foulée, une réglementation très sévère a été mise en place pour obliger les propriétaires de bâtiments à établir un « dossier technique amiante » (DTA) cartographiant la présence de la fibre tueuse pour savoir comment l’empêcher de nuire ou la retirer. Une enquête est régulièrement menée par le ministère de la santé auprès de 4 000 établissements de la fonction publique hospitalière. 225 d’entre eux ont répondu à la dernière édition : 32 établissements déclarent connaître une situation problématique quant à la présence d’amiante, et 250 cas individuels de maladies liées à l’amiante (plaques pleurales, mésothéliome ou cancer broncho-pulmonaire) sont reconnus.