«S’ils évacuent la ZAD, ils vont raser un village»

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Plusieurs dizaines d’habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes réclament le respect de leurs droits en cas d’évacuation de la zone. Leur avocat dénonce l’opacité juridique qui entoure le projet d’évacuation.

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Ils sont environ 70, ils habitent la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et pour la première fois, ils acceptent de se nommer pour réclamer le respect de leurs droits : sortant ponctuellement de l’anonymat du collectif d’occupation, ils réclament le respect de leur droit au logement, et dénoncent l’opacité juridique qui entoure le projet du gouvernement d’évacuer la ZAD. Lundi 26 septembre, ils ont tenu une conférence de presse à Nantes, en présence du DAL, l’association de soutien aux mal logés, et du collectif Copains, regroupant des paysans dont certains vivent sur la zone promise à la destruction en cas de construction de l’aéroport.

Même un squatteur a le droit à un délai entre l’annonce et la mise en œuvre de son expulsion. « Les responsables politiques ne sont pas censés exclure la ZAD du droit français », remarque un habitant de la zone. Mais qu’elle vive en cabane, en habitat autoconstruit ou dans une ferme occupée, aucune personne demeurant sur la zone n’a reçu d’avis d'expulsion, selon eux. Aucun huissier ne leur a rendu visite, aucun courrier d’AGO, la filiale de Vinci propriétaire des parcelles de la ZAD, ne les a informés de l’existence d’une procédure à leur encontre. Pourtant, certains ont écrit dès 2013 à la société pour se faire connaître. Ces derniers jours, une vingtaine de personnes se sont signalées auprès du propriétaire comme habitants de la ZAD.