Un climat délétère qui menace nos libertés publiques

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L'interpellation de l'ex-PDG de Libération, mais aussi la condamnation du Dal, les déclarations de la ministre de l'intérieur sur les "anarcho-autonomes", la préconisation de la prison pour les mineurs de 12 ans... Les deux semaines écoulées montrent que, dans des registres très divers et concernant des affaires radicalement différentes, le pouvoir et différents échelons de l'appareil d'Etat cèdent à l'hystérie sécuritaire. Un choix dangereux qui libère et légitime tous les dérapages policiers et judiciaires.

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C'est donc en tant que directeur de journal que Vittorio de Filippis a été, vendredi matin, tiré à l'aube de son lit par trois policiers, insulté devant ses enfants – «Vous êtes pire que la racaille» –, menotté les mains dans le dos, embarqué, fouillé au corps à deux reprises, privé d'avocat, retenu dans un commissariat puis dans le dépôt du palais de justice pour se voir finalement signifié une banale mise en examen en matière de presse par une juge, qui disposait par ailleurs de toutes les coordonnées téléphoniques et postales de son journal et de ses avocats.