Politique économique : une double et paradoxale sanction

La politique économique française fait l'objet d'une double sanction: Bruxelles stigmatise une politique trop laxiste, qui creuse les déficits, tandis que l'opinion s'inquiète d'une politique trop rigoureuse, visant à réduire ces mêmes déficits. Ces critiques paradoxales souligent le manque de lisibilité du cap fixé. Lire aussi: «Retraite, le régime de la double peine».

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La politique économique et sociale impulsée par Nicolas Sarkozy fait l'objet d'une double et paradoxale sanction qui retient l'attention. Une sanction de la Commission européenne qui reproche à la France de conduire une politique trop laxiste, générant des déficits excessifs, en contravention avec les règles du pacte de stabilité. Et puis une sanction de l'opinion, qui redoute – comme l'atteste une rafale de mauvais sondages – exactement l'inverse : une politique exagérément rigoureuse, sinon même un plan d'austérité. Le paradoxe, pourtant, n'en est pas un : il éclaire les incohérences de la politique économique que conduit le gouvernement.
La première sanction, celle de la Commission européenne, est tombée lundi 28 avril. Rendant publiques ses nouvelles prévisions économiques, la Commission européenne, par la bouche du commissaire Joaquim Almunia, s'est longuement attardée sur le cas de la France. Le verdict (qui est détaillé dans un document PDF de trois pages que l'on peut télécharger ici) est accablant.
D'abord, sur le front de la croissance, la Commission ne donne aucun crédit aux prévisions officielles du gouvernement français : la première prévoit une hausse de +1,6% en 2008 et 1,4% en 2009 (le plus mauvais résultat européen après l'Italie) tandis que le second s'accroche à des chiffres sensiblement plus hauts, respectivement de 1,7% à 2% en 2008, puis 1,75% à 2,25% en 2009.

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