Priorités Santé 5/5. Et si l'Etat produisait des médicaments ?

Par Mathilde Goanec

Face au désengagement de l'industrie pharmaceutique notamment en matière de recherche sur des maladies non-rentables, certains plaident, à gauche de l'échiquier politique français, pour une transformation du système et, pourquoi pas, la création d'un pôle public du médicament.

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L'industrie pharmaceutique en France, c'est le « joyau de la couronne capitaliste », selon Philippe Pignarre : elle garde un poids politique et économique majeur et fournit encore des milliers d'emplois à l'Hexagone. « Le profit ne peut pas être au cœur de la production de médicament, martèle de son côté Jean-Luc Gibelin, responsable de la commission santé au parti communiste français. Il n'est pas question de sortir le privé du jeu, mais ne de pas laisser les acteurs du privé décider seuls. Nous devons monter un pôle public du médicament, rassemblant l’État, les entreprises et les usagers. » Tout en avouant que ces propositions sont pour le moment vécues comme « irréalistes » par la plupart de ses interlocuteurs. Pour le NPA, le cadre général doit aussi être revu de fond en comble. « Nous sommes favorables à l'expropriation mais ça ne résout pas tout, constate Jean-Claude Laumonier. Même l'idée d'un pôle public est ambiguë. L'affaire Servier et du Mediator a eu l'avantage de montrer comment les intérêts privés peuvent infiltrer l'intérêt public pendant des années... » Le parti d'extrême gauche plaide pour une sécurité sociale à la manœuvre, réappropriée par les assurés sociaux.