Dans les quartiers nord de Marseille, «le confinement est une gageure»

Par Olivier Bertrand

À Kalliste, l’un des quartiers les plus pauvres de France, l’équipe d’un centre de santé cherche des réponses à la précarité, l’insalubrité, la promiscuité, alors que la « vague » approche. Reportage dans un poste d’observation hors norme.

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«Le Château en santé » allait fêter son anniversaire quand le confinement est venu. La fête devait durer une semaine, organisée par l’équipe soignante et les habitants. Il a fallu y renoncer, la reporter, pour basculer dans ce monde calfeutré. En ouvrant il y a deux ans au parc Kalliste, l’un des quartiers les plus pauvres de France, l’équipe pluridisciplinaire (médecins, infirmières, médiateurs, orthophonistes, assistante sociale, etc.) voulait construire le centre de santé avec les habitants pour mieux répondre à leurs besoins, et prendre en compte leurs déterminants sociaux autant que leurs symptômes, pour mieux les soigner. Le confinement venu, tout cela fait du centre un prisme passionnant pour comprendre à quel point le confinement agit dans les quartiers populaires comme une loupe sur les inégalités, sanitaires, éducatives, alimentaires, numériques…