France Enquête

Mineurs étrangers: la France démunie appelle la police marocaine à l’aide

À Paris, des dizaines de mineurs marocains errent dans le quartier de la Goutte d’or, à la fois victimes et auteurs de violences qui rendent la vie des habitants infernale. Dépassées, les autorités françaises ont fait appel tout l’été à des policiers marocains pour faciliter d’éventuels rapatriements. Enquête sur un phénomène alarmant.

Rachida El Azzouzi et Mathilde Mathieu

30 août 2018 à 19h08

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Quand Abdel* a raconté, le premier, qu’il venait de tomber nez à nez avec des policiers marocains pendant sa garde à vue au commissariat de Barbès, personne ne l’a cru : « T’as pris trop de drogues ! » Même les éducateurs ont écarquillé les yeux : « T’aurais pas confondu avec des interprètes ? » Puis il a fallu se rendre à l’évidence. Cet été, sous la pression de la France, le Maroc a bien mandaté six agents, dont quatre policiers, pour prêter main-forte aux autorités françaises dépassées par des dizaines d’adolescents marocains, des « mineurs non accompagnés » dans le jargon (MNA), qui errent au cœur du XVIIIe arrondissement de Paris, dans le quartier de la Goutte d'or.

Dans le quartier de la Goutte d'or, des mineurs marocains se battent entre eux. © Rachida El Azzouzi
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