Nouvelle-Calédonie: réussir la paix et l'autodétermination

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Le premier ministre Édouard Philippe entame un déplacement de six jours en Nouvelle-Calédonie. Enjeu : garantir un vrai référendum d'autodétermination et tourner la page de notre histoire coloniale.

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Tout commence par un crime d’État. Crime aujourd’hui documenté, reconnu, qui ne sera jamais jugé, une loi d’amnistie étant passée par là. Le 22 avril 1988, sur l’île d’Ouvéa, l’attaque d’une gendarmerie par des militants kanak se conclut par la mort de quatre gendarmes et une prise d'otages. Des gendarmes sont emmenés dans le nord de l'île et retenus jusqu'à l'assaut du GIGN le 5 mai 1988. Les militaires assassinent les geôliers kanak. Lance-flammes, tortures, atrocités et sévices : tout cela bien sûr fut tu. Entre les deux tours de la présidentielle de 1988 qui opposait Jacques Chirac à François Mitterrand, la raison d’État et le mensonge officiel, alors incarnés par le ministre chiraquien Bernard Pons, couvrirent les exactions (voir ici le documentaire de Mehdi Lallaoui).