FranceEnquête

A Berre, le préfet rase le «gourbi» et veut «effacer» les ouvriers agricoles sans papiers

Le 22 juillet, les gendarmes de Berre-L'Etang ont détruit le «gourbi». Ce bidonville, apparu dès 1973, était construit en plein champs et abritait une quarantaine de travailleurs tunisiens sans-papiers. Pour les associations locales, l'Etat «a voulu rendre invisible un symbole gênant», témoin du fonctionnement d'une agriculture locale «industrielle», friande en main d'œuvre servile et bon marché. Reportage.

Louise Fessard

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Un sommier, des couvertures, une pile de vêtements, un sac à dos et quelques médicaments stockés à la hâte dans le garage d’un ami : c’est tout ce qu’il reste à Mahmoud Stiti, un Tunisien sans papiers de 53 ans, qui a passé vingt ans à trimer dans les serres de Berre-L’Etang (Bouches-du-Rhône). Mercredi 22 juillet, des tractopelles et des bulldozers ont détruit les caravanes du «gourbi», un bidonville en plein milieu des champs qui abritait une quarantaine de travailleurs agricoles étrangers.

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