Au Japon, l'extrême droite et les nostalgiques de l’Empire sont au pouvoir

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Nostalgie de l’Empire, volonté de restauration d’un pays fort, réécriture de l’Histoire : le premier ministre japonais Shinzo Abe poursuit un agenda nationaliste teinté de négationnisme, en dépit d’une opinion publique récalcitrante.

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De notre envoyé spécial à Tokyo (Japon).- Ils débarquent par cars entiers, en longues files endimanchées trottinant derrière un guide et son petit drapeau. Des Japonais souvent âgés, qui viennent se recueillir – courte prière mains jointes, conclue par une piécette jetée devant l’autel – au sein du sanctuaire shintoïste Yasukuni, en plein cœur de Tokyo. En ce haut lieu du patriotisme nippon sont honorés les 2,5 millions de soldats tombés au combat pour le Japon depuis le XIXe siècle – mais aussi 14 criminels de guerre de « classe A » condamnés par le tribunal de Tokyo à la fin de la Seconde Guerre mondiale.