Afghanistan: Barack Obama prend ses soutiens à contre-pied

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En annonçant qu'il s'était résolu à envoyer 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan, le président des États-Unis a choisi l'escalade dans le conflit pour mieux pouvoir s'en extraire à compter de juillet 2011. C'est un pari risqué, qu'il prend contre son opinion publique, en particulier celle de la gauche américaine.

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Barack Obama a attendu la fin de son discours sur l'Afghanistan, mardi, devant les cadets de West Point, pour prononcer la phrase clef: « Il est facile d'oublier que, quand cette guerre a démarré, nous étions unis. » Et d'ajouter, telle une supplique : « Je refuse d'accepter que nous ne soyons pas capables de retrouver cette unité. Je crois de toutes les fibres de mon être que nous – Américains – pouvons toujours nous rassembler derrière un but commun. »
Cela fait en effet longtemps que la guerre en Afghanistan a cessé de faire l'unanimité aux États-Unis. Ainsi, en prenant la décision d'envoyer 30.000 soldats supplémentaires en renfort du contingent américain sur place (la fourchette haute de ce que demandaient les militaires, une augmentation de 45% des effectifs sur le terrain), Obama prend aussi le contre-pied de son opinion publique. En particulier de la gauche américaine, qui l'a soutenu durant les primaires démocrates, et a fortement contribué à le faire élire contre John McCain il y a un an.