De l’URSS à Israël, Marcus Klingberg, l'espion qui en savait trop

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Décédé le 30 novembre à Paris, à l’âge de 97 ans, Marcus Klingberg fut le héros d’une immense affaire d’espionnage. Espion soviétique en Israël, démasqué en 1983 et condamné à vingt ans de prison, il était au cœur des recherches secrètes sur des armes biologiques. Grand-père de l’élu communiste parisien Ian Brossat, il a agi par conviction, comme je le racontais en janvier 1994.

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C’est une histoire humaine et étatique dont le théâtre est un continent aujourd’hui disparu : le communisme réel et sa patrie, l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Arrêté en janvier 1983, sur la foi des confidences d’un transfuge, Marcus Klingberg fut sans doute le plus important agent soviétique en Israël. Condamné à vingt ans de prison, il fut emprisonné durant quinze ans, jusqu’en 1998, puis assigné à résidence jusqu’en 2003, avant d’être autorisé à quitter le pays pour rejoindre en France sa fille unique, Sylvia, et son petit-fils, Ian. Depuis, il vivait à Paris, rue Claude-Bernard, dans la discrétion. Entretemps, le monde dont il avait épousé la cause et qu’il avait secrètement servi s’était effondré : l’URSS n’existe plus depuis 1991.