A la frontière syro-irakienne, Washington vise Téhéran

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Si, dans le dédale des conflits qui ensanglantent le Moyen-Orient, Washington et Téhéran ont un même ennemi, l'Etat islamique, les Américains ne veulent pas que les milices chiites pro-iraniennes se renforcent. Un conflit menace autour du chantier de la route Amman-Bagdad.

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C’est le premier incident sérieux témoignant qu’une nouvelle confrontation pourrait se rajouter aux guerres qui déchirent actuellement la Syrie et l’Irak. Il s’est produit le 18 mai près d’Al-Tanf, un poste-frontière d’apparence insignifiante qui se résume à quelques bâtiments délabrés plantés au beau milieu du désert de Badiya. Ici, se termine la Syrie et, une quarantaine de kilomètres plus loin, commence l’Irak, où le point de passage est connu sous le nom d’Al-Walid, sur la frange de l’immense province (très majoritairement sunnite) d’Al-Anbar.  Mais pour les stratèges de Damas, Bagdad, Téhéran, Washington ou Moscou, le misérable check-point d’Al-Tanf détient une importance considérable. D’abord, il est situé sur la grande route qui relie Damas à Bagdad. Ensuite, il est très proche d’une autre frontière, celle de la Jordanie. Il fut dès lors l’objet de combats qui opposèrent l’Etat islamique (EI) à l’armée syrienne et aux milices tribales sunnites irakiennes.