L'armée française en Centrafrique: la justice classe les scandales

Par Justine Brabant et Leïla Miñano

Après la publication de notre enquête sur « les exactions impunies de l’opération Sangaris », la justice française, saisie de plusieurs plaintes pour violences sexuelles, a fait savoir qu’un dossier était classé et qu’un autre se dirigeait vers un non-lieu. « Il y a un sentiment d’injustice, de déception, de désolation », réagit un procureur centrafricain.

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C’était il y a un mois et demi mais Noella Pazoukou ne le sait toujours pas. Cette jeune Centrafricaine ignore que sa plainte pour « viol commis par une personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions » a été classée, le 20 novembre dernier. La justice française, qui enquêtait depuis septembre 2015 sur son affaire, n'a pas jugé bon de la prévenir. Pas plus que le Parquet de Paris n'a averti Olivier Mbombo Mossito, le procureur centrafricain qui lui avait transmis le dossier. Nous le lui avons appris par téléphone, jeudi 5 janvier, deux jours après la parution de notre enquête sur « les exactions impunies de l'opération Sangaris », dans le cadre de l'initiative Zero Impunity (à lire ici).