A l'ONU, Guterres sitôt nommé, sitôt embourbé

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Le 9 avril, il y aura cent jours que le neuvième secrétaire général des Nations unies a pris ses fonctions. L’homme qui se voulait plus général que secrétaire doit affronter le mépris des États-Unis pour l’institution.

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New York (Nations unies), de notre correspondante.-  En ce matin du 3 janvier 2017, le petit monde de l’ONU tourne rond : Antonio Guterres, le nouveau secrétaire général, nommé presque à l’unanimité par les membres du Conseil de sécurité, prend la tête d’une organisation qui s’était dangereusement éloignée des principes de la Charte, lesquels étaient de faire en sorte qu’il n’y ait plus de génocides ni de guerres. Une organisation minée par les scandales sexuels, le népotisme et une bureaucratie pesante. L’espoir succède au défaitisme : « Il y a dix ans, j’ai eu le privilège non seulement de servir les Nations unies mais, en tant que haut-commissaire pour les réfugiés, de servir les plus vulnérables. Je suis l’un des vôtres. Nous devons essayer de nous débarrasser du carcan de la bureaucratie qui complique la plupart des choses que nous faisons. Les temps seront difficiles, mais nous devons être conscients qu'il ne suffit pas de faire ce qui est bien. Nous devons gagner le droit de le faire et nous devons le faire tous ensemble », déclare-t-il devant un parterre de fonctionnaires internationaux enthousiastes, pressés de renouer avec le mot “fierté”.