Ramadan en Syrie, c’est vendredi tous les jours

Le régime de Bachar El-Assad a tué à la veille du mois de ramadan plus de 100 personnes, la plupart dans la ville de Hama. Durant les cinq premiers jours du ramadan, 200 autres personnes ont trouvé la mort sans que cela affecte la détermination populaire. “A l'affût des révolutions”, une chronique hebdomadaire de Nadia Aissaoui et Ziad Majed

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Un article de Nadia Aissaoui et Ziad Majed.

En 1982, le régime syrien d'Assad père a tué quelque 20.000 personnes dans la ville de Hama après un soulèvement des Frères musulmans. La ville a vécu depuis avec cette plaie ouverte et ce douloureux souvenir.

En 2011, avec le soulèvement pacifique du peuple syrien, Hama est devenue chaque vendredi la capitale de la contestation.

حماة ساحة العاصي-جمعة أحفاد خالد © Raman Anjuman

Assad fils, suivant la voie de son père, a lancé l'assaut contre la ville. Ses chars la bombardent depuis dimanche dernier, à la veille du ramadan, mois durant lequel les activistes promettaient de transformer chaque soirée en “vendredi”. La ville est aujourd'hui assiégée, sans eau ni électricité. Au moins 200 personnes (dont une dizaine d'enfants) y ont déjà trouvé la mort.
Malgré la propagande du régime syrien arguant de la présence de groupes salafistes armés et de plans de déstabilisation de la Syrie, malgré la campagne de marketing qu'il a lancée récemment en invitant un petit nombre de journalistes occidentaux de “confiance” (dont certains français) bien qu'aucune presse arabe ni internationale ne soit autorisée dans le pays depuis mars dernier, malgré le silence des gouvernements arabes et de la communauté internationale frôlant les limites de la complicité (contrairement à ce que répètent naïvement ou avec démagogie les adeptes de la théorie des complots « impérialistes »), les opinions publiques dans le monde entier commencent à peser sur leurs gouvernements.

Les pétitions et les pages Facebook dans toutes les langues fleurissent sur la toile. Deux pétitions pour signaler les disparus en Syrie enlevés par les services de renseignement et pour condamner les hésitations des trois pays « souverainistes » (Brésil, Afrique du Sud et Inde) qui bloquent – avec la Russie et la Chine – les condamnations au conseil de sécurité de l'ONU de la barbarie du régime Assad sont en ligne. Après l'arabe, l'anglais, le turque et le russe, une nouvelle page Facebook de la révolution syrienne existe désormais en français.

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Nadia Aissaoui est sociologue, Ziad Majed est enseignant à l’Université Américaine de Paris. Pour Mediapart, ils tiennent chaque semaine une chronique d'un monde arabe en ébullition: les révolutions en cours, les grands débats, les informations passées inaperçues en France, la place des femmes, la place de l'islam, etc. A ces chroniques s'ajoutent celles de Tewfik Hakem, «Vu des médias arabes».

Le site de Ziad Majed : www.ziadmajed.net/

Le site de Nadia Aissaoui : www.medwomensfund.org/