Déficit public: «La Hongrie n'est pas la Grèce»

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Des révélations à propos de l'état «réel» des finances hongroises affolent les marchés et plombent les bourses européennes depuis le vendredi 4 juin. Nouvel emballement économique, risque de contagion, et rétropédalage du gouvernement, le cas hongrois n'a pourtant pas grand-chose à voir avec la Grèce.

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«Un nouveau cadavre à la cave?», s'interrogeait un article du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine, vendredi 4 juin. Après la Grèce, c'est au tour de la Hongrie d'être mise à l'index. Des révélations inattendues quant à l'ampleur du déficit public hongrois font resurgir le scénario catastrophe d'une faillite économique au sein de l'Union Européenne. Et de la contagion possible de la crise financière au-delà de la zone euro.
Les marchés s'affolent, la bourse de Budapest est en baisse et la monnaie unique plonge lundi 7 juin à son plus bas niveau depuis quatre ans.
Une déclaration anodine – et politicienne – a allumé le feu. «L'état des finances publiques en Hongrie est si mauvais que le pays a une chance infime d'éviter un scénario à la grecque», lâche vendredi, Lajos Kósa, vice-président du Fidezs, le parti de centre-droit qui a remporté les élections législatives en avril. Et c'est Peter Szijjarto, le porte-parole du ministre de l'économie, qui déclenche officiellement l'incendie, imputant – le même jour – la «gravité de la situation économie hongroise» au «précédent gouvernement, qui a manipulé les chiffres et menti concernant l'état des finances». Le syndrome Karamanlis aurait-il également frappé en Hongrie?
En cause, le déficit public. A peine élu, le gouvernement de Victor Orban – le nouveau premier ministre – estimait que le «déficit public hongrois pourrait atteindre 5 à 6% du PIB en 2010», contre les 3,8% estimés par le gouvernement socialiste sortant. Dans la foulée, Gyorgy Matolcsy, le ministre de l'économie brandissait la menace d'un plan d'austérité. Une annonce qui a donc affolé les marchés, comme les investisseurs.