«La destruction pas à pas» du régime syrien

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Pour Mediapart, l'écrivain et scénariste syrien Khaled Khalifa (auteur notamment en 2008 d'Eloge de la haine, publié en France chez Actes Sud), qui vit la révolution depuis Alep, sa ville natale, et Damas où il réside la plupart du temps, livre son analyse sur un mouvement qui, «différent de celui des années 1980, s'est véritablement transformé en révolution au cours du mois d'avril». Entretien.

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Le peuple syrien n'en finit plus de payer de son sang sa révolution. Aux quatre coins du pays, chaque manifestation est désormais férocement réprimée par le régime à bout de souffle, et d'idées, du président Bachar El-Assad. Au moins six personnes ont été tuées samedi dans la ville côtière de Banias (nord-ouest), l'un des foyers de la contestation en Syrie, investie à l'aube par l'armée et où des tirs nourris résonnaient en fin de journée. Vendredi, au moins 26 manifestants ont été tués par les forces de sécurité syriennes dans plusieurs villes du centre et de l'ouest du pays, tandis que Riad Seif, l'une des principales figures de l'opposition, a été arrêté à Damas. Selon Amnesty International, «la violence qui empire toujours, les arrestations massives et les mauvais traitements infligés aux détenus n'ont fait que renforcer la détermination des manifestants à travers le pays».