Droit à l’abdication: l’empereur du Japon n’est pas au bout de ses peines

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L’empereur du Japon Akihito, 82 ans, souhaite abdiquer. La droite nationaliste du premier ministre Shinzo Abe ne l’entend pas de cette oreille. La pratique était pourtant courante dans l’histoire millénaire du « trône du chrysanthème ». Analyse.

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Quand le 14 août 1945, l’empereur Hirohito s’est adressé à la radio aux Japonais pour leur demander de « supporter ce qui est insupportable », la capitulation sans conditions face à l’ennemi américain, le peuple n’avait jamais entendu la voix, haut perchée, de son souverain. Ni d’ailleurs vu son visage puisque les petites gens étaient censés se prosterner le front dans la poussière lors des rares apparitions publiques du « Tenno ». De cette allocution historique, la plupart des auditeurs n’ont sans doute pas compris grand-chose, la langue de la cour étant bien différente de celle en usage dans les ruelles de Tokyo ou Osaka. Rien de tel quand son fils et successeur Akihito s’est adressé ce lundi 8 août à ses sujets et concitoyens pour leur exprimer son désir d’abandonner sa charge. L’ambiguïté se trouvait dans le message lui-même, pas dans la langue pratiquée.