Un foyer de résistance nord-coréenne dans la banlieue de Londres

Par Laurène Daycard

Alors que le dictateur Kim Jong-un vient de procéder à un cinquième essai nuclaire, des dissidents qui se sont échappés essaient d'organiser une opposition en exil depuis la Grande-Bretagne. Certains y croient, mais beaucoup veulent juste fuir le cauchemar nord-coréen.

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Correspondance de Grande-Bretagne.-  Peu après avoir soufflé les bougies de sa majorité, Joo-il Kim a rejoint les rangs de l’armée nord-coréenne, gonflé de fierté par la certitude de servir sa patrie. Pour tous les hommes de sa génération, le service militaire est un passage obligatoire pour les dix ou treize années à venir. À son arrivée, il déchante rapidement et découvre une caserne où les gradés volent la nourriture des nouveaux venus avant de les rouer de coups. Joo-il Kim serre les dents, jusqu’à lui-même prendre du galon. « En tant qu’officier, je faisais partie de l’élite, résume le quarantenaire. Mon travail était de partir à la recherche des déserteurs, la plupart parce qu’ils fuyaient la faim. » Dans la dynastie des Kim, le voyage est un privilège. Joo-il Kim se rend compte alors que la famine tue partout. Gare après gare, la même scène d’horreur se déroule sous son regard : des corps squelettiques amoncelés les uns sur les autres. « Jusqu’à ce que je rejoigne l’armée, j’avais le cerveau lavé », soupire-il.