Le Tatarstan, ce sultanat électoral au service de Poutine

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République frondeuse dans les années 1990, le Tatarstan s’est plié à la « verticale du pouvoir », renonçant à son statut spécial et devenant l’une des vitrines économiques russes. À la veille de l’élection présidentielle, ses dirigeants ont promis de faire un triomphe à Poutine.

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Kazan (Russie), envoyée spéciale.– Roustam Minnikhanov, le président tatar, a déjà annoncé le score qu’obtiendra Vladimir Poutine dans sa région, le 18 mars prochain. « Plus de 80 % des Tatars ont déjà fait leur choix. Ils approuvent et soutiennent sans équivoque la politique et les nombreuses actions de Vladimir Vladimirovitch », a-t-il déclaré début décembre, avant même que la course électorale ne soit lancée. Puis à la mi-février, Farit Mukhametchine, le président du Conseil d’État (le parlement régional) a pris le relais, se disant « convaincu » que la riche République nationale située à 800 km à l’est de Moscou, peuplée de 3,8 millions d’habitants – 53 % de Tatars majoritairement musulmans et 39 % de Russes – allait une fois de plus montrer l’exemple, avec « un fort taux de participation ». « C’est l’une des plus importantes traditions [du Tatarstan] », a-t-il précisé, ajoutant que des efforts devraient être déployés pour mobiliser la jeunesse.