Derrière la propagande, les fantômes de Tripoli

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Dans un essai à quatre mains, qui puise sa matière dans un photoreportage réalisé en Libye au début du XXe siècle, les écrivains Jérôme Ferrari et Oliver Rohe interrogent notre relation à l’image de guerre et aux racolages idéologiques qu’elle véhicule.

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C’est une guerre oubliée. L’un de ces multiples conflits coloniaux dont il ne subsiste rien, sinon un trouble à l’évocation de ces années durant lesquelles il n’y eut de place, pour reprendre les mots d’Aimé Césaire*, « que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies ». Tout le contraire de ce que l’écrivain et correspondant de guerre Gaston Chérau était censé relater, lorsqu’il débarqua en Libye, à la fin de l’année 1911, pour couvrir la guerre italo-turque qui y fit rage jusqu’en octobre 1912.