Aung San Suu Kyi tentée par l'autoritarisme

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Maintenant que le nouveau gouvernement est en place en Birmanie, la prix Nobel de la paix 1991 cherche à centraliser tous les pouvoirs. Déjà ministre des affaires étrangères et ministre de la présidence, elle vient de se faire nommer conseillère spéciale de l’État. Ses premières décisions laissent perplexe.

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Comme dans la parabole du Nouveau Testament qui inspira André Gide pour son roman, La Porte étroite – « Large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie, et il en est peu qui le trouvent » –, la démocratie birmane cherche laborieusement sa voie, entre improvisation, astuces et coups bas. Victorieuse aux élections législatives de novembre 2015, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) d’Aung San Suu Kyi s’empare progressivement de tous les leviers du pouvoir que l’armée veut bien lui concéder. Mais les hommes en uniforme, dirigés d’une main de fer par le chef d’état-major, le général Min Aung Hlaing, restent en embuscade.