Un ancien passeur raconte le trafic de migrants entre la France et l’Angleterre

Par Elisa Perrigueur

Depuis deux décennies, les passeurs opérant en bandes organisées se succèdent autour de Calais et de Grande-Synthe, où le camp humanitaire a été ravagé par un incendie dans la nuit du 10 au 11 avril. Hommes invisibles qui dorment le jour, vivent la nuit, ils sont détestés des migrants mais indispensables pour franchir la frontière. Un ancien passeur a accepté de témoigner.

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Calais, Dunkerque, Boulogne-sur-Mer, Londres, envoyée spéciale.-  C’était il y a 12 ans, mais pour lui, c’était hier. Olan (la plupart des prénoms ont été modifiés à la demande des personnes) a toujours en tête les longues marches nocturnes à travers ce qu’il appelle les « djangals » françaises, les forêts en persan, à suivre cet homme, un passeur, « froid, Kurde comme moi, mais avec qui je ne parlais jamais ».