Athènes et Bruxelles ne sont toujours d'accord sur rien

L'Eurogroupe de mercredi soir s'est conclu par un échec. Athènes a refusé in extremis de signer une déclaration commune. Le calendrier se resserre pour s'entendre sur une alternative à l'aide de la Troïka. Alexis Tsipras participe ce jeudi à son premier conseil européen.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles.- À Berlin, la semaine dernière, le Grec Yanis Varoufakis avait eu cette formule ravageuse, à l'issue d'une rencontre avec son homologue allemand, le ministre des finances Wolfgang Schäuble : les deux n'étaient même pas « tombés d'accord sur (leurs) désaccords ». Mercredi soir à Bruxelles, l'affaire semblait toujours aussi mal engagée : le président de l'Eurogroupe a reconnu, après une réunion de plus de six heures entre les ministres des finances de la zone euro, qu'ils n'avaient même pas trouvé des « bases communes » pour ne serait-ce que travailler ensemble, dans les jours à venir, à une sortie de crise.
C'est peu dire que la première réunion bruxelloise à laquelle ont participé deux ministres du gouvernement d'Alexis Tsipras – Varoufakis et Yannis Dragasakis (numéro deux de l'exécutif grec) –, mais aussi Christine Lagarde, à la tête du FMI, et Mario Draghi, le patron de la BCE, était attendue. Trois semaines après la victoire de Syriza à Athènes, les Européens devaient enfin rentrer dans le vif des négociations, loin des caméras. Ils devaient tester la disposition des uns et des autres à « converger » vers un compromis possible. Ils se sont quittés, dans la nuit de mercredi à jeudi, sur un constat de désaccord. Autour de la table, les Grecs sont restés isolés : « On en est toujours à 18 contre 1 », lâchait un diplomate à l'issue de la réunion.
« Nous avons fait des progrès, dans le sens où nous comprenons mieux ce que veut l'exécutif grec, mais nous n'en avons tout simplement pas fait assez pour nous entendre dès ce soir », a résumé, en langage très diplomatique, Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe. De son côté, Yanis Varoufakis a lui aussi cherché à se montrer plus conciliant que lors de ses dernières conférences de presse : « Nous avons entendu des points de vue variés et intéressants. (…) Et maintenant, nous espérons nous mettre d'accord sur des conclusions, pour notre prochaine réunion lundi, qui soient optimales à la fois pour la Grèce et nos collègues européens. »

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