Algérie: à Blida, les multiples raisons d’une révolution citoyenne

Par Lofti Barkati

À une grosse heure d’Alger, la population de Blida, dans la plaine de la Mitidja, manifeste en masse depuis deux mois. La fureur à l’encontre du régime est alimentée de causes multiples : les horreurs de la décennie noire, la corruption à tous les étages de l’administration, une bureaucratie qui étouffe la société. C’est « tout ce système qui nous vole notre avenir », disent les jeunes, soutenus par leurs familles.

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Blida, Chréa, de notre envoyé spécial. Sur les hauteurs de Chréa se lisent en accéléré plusieurs pans récents de l’histoire algérienne. À 1 600 mètres d’altitude, cette première ligne de crête de l’Atlas tellien est noyée dans de splendides forêts de cèdres. L'hiver, on peut y faire du ski ou de la luge. Par beau temps, on aperçoit au nord la mer. Vers le nord-ouest, se devinent les ruines antiques de Tipasa. Plus à l’est, surgissent les premiers faubourgs d’Alger, à une heure trente de voiture. Et au pied, dans un long panoramique s’étend la plaine de la Mitidja.