Référendum en Turquie: «Le projet de Constitution ouvre la voie à une dictature»

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La Turquie s’apprête à voter dimanche sur une réforme de la Constitution qui octroiera au président Erdogan des pouvoirs considérables. Hüsnü Öndül, figure historique de l’Association des droits de l’homme (IHD), et Selahattin Esmer, vice-président, dénoncent un projet qui fera sortir le pays du club des démocraties.

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Ankara (Turquie), de notre envoyé spécial.-  Depuis 1986, l’Association des droits de l’homme (IHD) mène un difficile combat pour la protection des libertés individuelles en Turquie. Procès par centaines, agressions et meurtres – 14 de ses militants ont été tués et son président Akin Birdal n’a survécu que par miracle aux balles de ses assassins – ont été son lot quotidien aux pires heures du conflit kurde, dans les années 1990. Membre fondateur et ancien président de l’IHD, Hüsnü Öndul a lui aussi connu les menaces et les passages à tabac par des militants d’extrême droite. Avec l’actuel vice-président de l’association, Selahattin Esmer, il dénonce le projet de Constitution soumis ce dimanche 16 avril aux électeurs turcs comme un pas important vers la dictature d’un seul homme, le président Recep Tayyip Erdogan, et confie ses craintes d’un durcissement idéologique du pouvoir autour d’un axe islamo-nationaliste.