En Bavière, les réfugiés sont stoppés à l'arrivée

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Lundi soir, leur voyage vers l'Allemagne s'est interrompu temporairement. Depuis que l'Allemagne a rétabli ses contrôles aux frontières, les réfugiés sont arrêtés sur la route ou dans les trains, puis invités à déposer leurs demandes d'asile. Reportage à la gare de Freilassing (Bavière), important point de passage depuis l'Autriche.

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De notre envoyé spécial à Freilassing (Bavière). - « Où est-on ici ? En Autriche ou en Allemagne ? » Ils sont en Allemagne, aux confins de la Bavière, mais personne n’a pris le temps de le leur dire. Cela fait pourtant plusieurs heures que Reda et ses cousins d’Irak, Safwa le prof de français de Bagdad, et environ 150 autres exilés afghans ou syriens cantonnés par la police dans le hall de la petite gare de Freilassing attendent, sans savoir ce que les policiers vont faire d’eux. On leur a parlé de bus, de centres d’hébergements, de convois plus lointains encore. Il est 22 heures et ils ne savent pas où ils vont passer la nuit.

La précédente, ils ont dormi de l’autre côté de la frontière, dans la ville autrichienne de Salzbourg où les autorités, dépassées par l’afflux des réfugiés, voient avec inquiétude s’approcher des dizaines de milliers d’autres : ceux qui sont encore en transit dans l’est de l’Autriche, mais aussi ceux qui se hâtent de quitter la Hongrie de Viktor Orban où entre en vigueur ce mardi une loi qui promet la prison à ceux qui passent illégalement la frontière. En Hongrie, la police les a traqués, a pris des empreintes, confisqué des passeports. « In Hungary, they don’t like us », dit dans un anglais impeccable Reda, 28 ans, artiste surdiplômé de Bagdad qui rêve de Finlande. Il a beau être là, perdu dans une gare sans nom, l’acharnement des policiers hongrois le fait presque sourire tant il est brutal.