Le «Maroc inutile» des Berbères de l’Atlas

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Le Maroc se divise en deux, a dit un jour le maréchal Lyautey. Le Maroc «utile», celui de la côte et des plaines, et l'«inutile», celui de la montagne et des tribus berbères. Reportage chez les Aït Slimane, dans le Moyen Atlas, avec «Tonton», un Amazight quinquagénaire qui se bat pour préserver un pays rongé par l'immigration clandestine et pour le sortir de l'analphabétisme.

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Ce matin-là, Amale Samie est arrivé avec son bonnet «USA» («en souvenir de Janis Joplin et d'Hendrix, parce que pour le reste...»), ses lunettes de soleil, son «cuir», et sa petite Minie, sorte de croisement entre le teckel et cocker. Quatre heures de route depuis la côte et Casablanca, voici donc Beni Mellal, ville moyenne du centre Maroc, haut lieu du trafic de cocaïne, de l'immigration clandestine, et surtout seuil de ce Maroc invisible, «inutile», comme l'a dit un jour Lyautey (1854-1934), premier résident général du protectorat français établi en 1912. Celui des montagnes et des tribus berbères du Moyen Atlas, encore enclavées et privées de tout.