En Grèce, «un peuple qui se sent coincé»

Par

L'écrivain Christos Chryssopoulos, figure émergente de la littérature grecque, décrit le « sentiment que les choses ne peuvent pas s'améliorer » qui parcourt son pays. Si le monde de l'édition est sévèrement touché par l'étranglement financier, ce contexte oblige tous les artistes à « se positionner » dans une société marquée désormais par une forte « polarisation ».

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

En septembre dernier, dans une nouvelle spécifiquement écrite pour Mediapart où nous lui avions demandé d'imaginer la Grèce « dans un an », Christos Chryssopoulos avait planté le décor rue Sophokleous à Athènes, une artère incontournable du centre où était logée, il y a encore quelques années, la Bourse. On y lisait le parcours d'un homme revenant systématiquement à son point de départ. « Et la réalité, écrivait le romancier dans ce texte, c'est que tu n’approches pas de ta destination, d’ailleurs de destination il n’y en a pas, tu restes juste figé au même endroit, et la vie de la rue défile autour de toi. Donc l'inattendu, c'est l'inverse du sens commun qui veut que la surprise naisse du nouveau et de l'imprévu. La surprise, ici, c’est l'angoisse permanente, toujours la même, ou bien peut-être l'idée que les choses sont figées. Rien ne change. Un an, déjà. »