Arabie saoudite: «Ici, promouvoir la démocratie est un crime»

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Alors que le royaume wahhabite entend durcir le blocus imposé au Qatar et affirmer ainsi sa domination sur la région, des militants saoudiens des droits humains dévoilent à Mediapart la vraie nature d’une tyrannie qui décapite au sabre et interdit aux femmes de sortir en public sans tuteur masculin.

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« Vivre en Arabie saoudite, c’est d’abord savoir se taire. Affirmer en public ou sur les réseaux sociaux que vous êtes hostile à la guerre menée par le royaume au Yémen, ou manifester un doute au sujet de l’embargo infligé par l’Arabie saoudite et ses alliés au Qatar peut vous conduire en prison pour cinq à dix ans, en vertu de la loi antiterroriste, de la loi sur la cybercriminalité ou d’un décret de 2011 interdisant les rassemblements publics. » Il y a cinq ans, Yahya Assiri, était un jeune officier de l’armée de l’air saoudienne, riche et prometteur. Le jour, il travaillait aux contrats d’achats d’armes et d’équipements militaires du royaume. La nuit il débattait sous pseudonyme, sur Internet, de l’absence totale de démocratie dans son pays et de la situation désastreuse des droits de l’homme – et de la femme.