En Pologne, «on assiste à une régression des droits des femmes»

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Un projet de libéralisation du droit à l'IVG a été retoqué par le Parlement polonais, tandis que le parti au pouvoir entend durcir la loi, l'une des plus restrictives d'Europe. Des manifestations sont prévues aujourd'hui dans tout le pays. Entretien avec la philosophe Agata Czarnacka.

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Depuis 1993, le droit à l'interruption volontaire de grossesse n'existe plus en Pologne. Les femmes ne peuvent se faire avorter qu'en cas de malformation du fœtus, de mise en danger de la vie de la mère, d'inceste ou de viol. Depuis son arrivée au pouvoir fin 2015, la droite ultraconservatrice du PiS (Droit et Justice), avec l'appui de l'aile traditionaliste de l'Église polonaise, tente de durcir cette législation qui fait déjà partie des plus restrictives d'Europe. À l'automne 2016, elle avait fini par reculer devant une mobilisation massive des femmes dans tout le pays. Mais elle récidive en ce début d'année, avec un projet de loi qui interdirait l'avortement dans le cas de malformation du fœtus (ce qui représente 95 % des interruptions de grossesse effectuées légalement dans le pays). Entretien avec la philosophe et féministe polonaise Agata Czarnacka, membre de l'association « Sauvons les femmes », qui prône la libéralisation de l'IVG en Pologne.