Bruxelles (Belgique), de notre envoyé spécial. - À Bruxelles, c’est souvent dans les recoins des règlements les plus obscurs que se nichent les indicateurs les plus parlants, ceux qui nous renseignent le mieux sur la santé démocratique de l’Union. La manière dont la commission européenne Juncker a tenté, cette semaine, de tirer les leçons de l’affaire controversée du glyphosate, en apporte une nouvelle preuve.

L’exécutif de Jean-Claude Juncker avait essuyé une pluie de critiques, en juin 2016, pour avoir prolongé l’autorisation de cette molécule présente dans le Round Up de Monsanto, un herbicide considéré par certains experts comme cancérigène. À l’époque, les comités d’experts, chargés de valider au coup par coup ces autorisations d’OGM, de pesticides, ou encore de produits pharmaceutiques, n’avaient pas su s’entendre sur le cas du glyphosate.

Les représentants des 28 États présents dans les deux comités consultés n’étaient parvenus à former aucune majorité qualifiée, dans un sens ou dans l’autre. Si bien que la commission s’était trouvée contrainte de décider seule, en dernier recours. Elle avait choisi de prolonger l’autorisation de l’herbicide dans l’attente de l’avis d’une agence spécialisée, d’ici fin 2017. Ce qui avait déclenché l’ire d’une bonne partie de la société civile, et de la ministre française Ségolène Royal.