Dans les Aurès, les Chaouis veulent se libérer de l'écrasant «récit algérien»

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Dépossédés de leur culture chaouie (une branche du peuple berbère), les habitants de Batna, cinquième ville algérienne, le sont aussi de leur histoire, noyée dans la « bouillie » d’un régime qui s’appuie sur la religion, le conservatisme et l’arabité pour se bâtir une légitimité.

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De notre envoyé spécial dans les Aurès.   Ils se rêvaient des milliers, ils ne sont finalement qu'une poignée. Ce mardi 15 avril au matin, à Batna, capitale des Aurès située à 430 kilomètres au sud-est d'Alger, le rassemblement contre un quatrième mandat de Bouteflika et pour le boycott du scrutin présidentiel est un échec. À deux pas de l'université, les manifestants (des hommes uniquement) sont cernés par des policiers. Plusieurs agents en civils chassent les badauds qui s'attroupent auprès d'eux. Lentement, le cortège se met en marche, hurlant ses slogans, « boycott, boycott ! », « pouvoir assassin ! », mais le cœur n'y est pas.