A Khan Al-Ahmar, la guerre d’usure d’Israël contre un village bédouin

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Les bédouins de Khan Al-Ahmar vivent entre deux colonies israéliennes décidées à réunir leurs terres pour parachever le Grand Jérusalem cher à Netanyahou. Ils espéraient que la Cour suprême d’Israël empêcherait leur expulsion, qui viole le droit international. Erreur : les magistrats ont donné leur feu vert à la destruction du village et à leur transfert forcé, le troisième en soixante-dix ans.

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Dans quelques jours, peut-être même dans quelques heures, les bulldozers blindés de l’armée israélienne, qui sont sur place depuis mardi, risquent de raser le village bédouin palestinien de Khan Al-Ahmar, en bordure de la route n° 1 qui relie Jérusalem à la mer Morte. Et les 35 familles qui y vivent – près de 190 personnes dont une majorité d’enfants – seront transférées de force et sous bonne garde dans le nouveau site qui leur a été assigné par les planificateurs israéliens, entre une décharge à ordures et le chantier d’un casseur-ferrailleur, près d’Abou Dis, à l’est de Jérusalem. Ainsi en a décidé, au terme d’une interminable procédure, la Cour suprême d’Israël dans son arrêt du 24 mai 2018, confirmé par une délibération additionnelle le 5 septembre.